Apprivoisez vos photos moches !

D’après une étude InfoTrends pour le cabinet Keypoint Intelligence, ce sont pas moins de 1 200 milliards de photos qui ont été prises en 2017 dans le monde, soit 160 en moyenne par habitant du globe. Un volume astronomique qui a doublé en 4 ans, principalement grâce à la multiplication et l’accessibilité des appareils mobiles. 90% de ces photos ont ainsi été prises via smartphone ou tablette.

Des photos ou de vidéos souvent prises sur le vif, avec des cadrages approximatifs ou des qualités esthétiques…discutables. Mais aussi et surtout des contenus spontanés, utiles et nécessitant peu de traitement.

Qu’elles aient été prises dans le cadre personnel, par des clients et visiteurs ou dans le cadre professionnel par des collaborateurs, une même question se pose : faut-il ignorer les photos “moches” ?

Chez Keepeek, notre conseil est simple: il faut les sauver de l’oubli…et surtout se donner les moyens d’en tirer parti !

Dès lors, comment distinguer celles qui ont réellement de la valeur ? Comment valoriser cette production sans engorger ses serveurs ?   

 

Les mal-aimées

Qui pense photo en entreprise pense souvent image de comm’. Pour alimenter votre feed Instagram, votre blog d’entreprise ou votre portail presse, vous avez certainement en tête des images léchées et validées pour leur conformité avec vos guidelines de communication. Or ce sont souvent ces seules images qui viennent alimenter les dispositifs de gestion de contenu et sont mises à disposition des autres entités de l’entreprises.

Pourtant, les services Marketing et Communication ne sont pas les seuls à produire de l’image au sein de l’entreprise. Des consommateurs qui mettent en scène les produits et les taguent dans leurs propres photos partagées sur les réseaux sociaux, des commerciaux terrain qui prennent en photo leurs implantations en point de vente, des chefs de produits qui vont filmer la démonstration d’un concurrent… Autant d’exemples de contenus qui existent, ont de la valeur et sont exploitables pour l’entreprise.

Un phénomène accentué par le BYOD (Bring Your Own Device), qui rend tous les collaborateurs actifs et apporteurs de contenus.

Les contenus moches sont donc une réalité : ils existent et circulent dans l’entreprise. Dès lors, pourquoi les transformer en opportunité ?

 

Les contenus moches apportent-ils vraiment de la valeur ?

Si elles échappent aux critères de validation esthétiques, certaines photos moches n’ont en pas moins de valeur pour autant. Simplement, celle-ci est différente: ré-utilisées en communication, elles véhiculent authenticité, spontanéité, vérité, mémoire. Un positionnement au coeur des stratégies de comm’ des marques familiales, du food ou du luxe. La photo moche est souvent plus porteuse de sens que le visuel photoshopé.

Utiliser la photo pour capturer des contenus sur le vif, c’est un gain de temps certain.

Encore faut-il pouvoir ensuite les retrouver et les partager facilement.

Certains contenus apportent de la valeur parce qu’ils sont uniques : une prise de vue rapide lors de la venue d’un VIP sur votre stand, une vidéos prise sur le vif d’un témoignage client… Ces contenus mériteraient peut-être une meilleure production, mais c’est trop tard. Il est plus intéressant de valoriser ces contenus un peu bruts que de ne rien avoir du tout.

Prises en interne, certaines de ces photos ont également un rôle utilitaire indéniable. L’image vient alors souvent en complément des supports écrits classiques. C’est le cas par exemple de la maquette qui accompagne un brief créatif, ou du graphique dessiné sur paperboard et qui résume une réunion stratégique.

Les marques s’intéressent également aux contenus générés par leurs propres clients et qui les valorisent. Ce User Generated Content est particulièrement précieux car il prouve en toute neutralité la qualité des produits ou des services.

Enfin de par la production grand public de contenus médias sur Youtube ou Instagram, nous nous sommes habitués à voir des contenus à la production artisanale. Plus personne n’est choqué de voir une vidéo mal cadrée ou une photo un peu floue. C’est même devenu un effet de style apprécié.

En résumé, les photos moches présentent un usage et une utilité différents…mais complémentaires de ceux de leurs cousines “officielles”.

 

Peut-on ignorer l’existence des contenus moches ?

La réponse est évidemment oui: les entreprises peuvent décider de ne pas adresser cette problématique. C’est d’ailleurs de qu’elles ont fait (pour la grande majorité) pendant des années. Sauf que cela engendre certains risques.

Le premier est de voir apparaître de nouveaux systèmes d’information parallèles pour stocker ou échanger ces contenus. Les drive grands publics regorgent aujourd’hui de ces contenus, alimentés par les collaborateurs qui n’ont trouvé que ce moyen pour les exploiter.

Le second est de perdre du contenu de valeur. Il suffit qu’un collaborateur ferme son drive personnel pour que ces contenus d’entreprises disparaissent instantanément.

Le troisième est, de par l’absence de gouvernance, laisser les collaborateurs publier sans contrôle des contenus liés à l’entreprise. Détournement, bad buzz, problème juridique, autant de risques encourus par les entreprises qui pensent se protéger en ignorant cette problématique.

Ces contenus moches sont ils faciles à apprivoiser ?

Vous êtes maintenant convaincus qu’il est indispensable d’adresser la gestion des contenus moches en entreprise ? Il s’agit pourtant d’un vrai challenge.

À partir du moment où l’entreprise accepte leur prise en charge, elle est confrontée à de sérieuses questions:

-Comment gérer un tel volume de données ?

-Comment organiser ces contenus pour être capable de les retrouver ?

-Quelles sont les bonnes pratiques et les limites ?

-Comment sensibiliser les producteurs aux problématiques juridiques de droit à l’images ou de droit d’auteur ?

D’autant que si l’entreprise met à disposition une plateforme pour stocker ces contenus, elle porte une nouvelle responsabilité dans leur diffusion.

Il faut garder à l’esprit que vos photos moches sont comme des créatures sauvages: ne pas leur offrir tout l’attention nécessaire, c’est prendre le risque qu’elles vous échappent.

 

Le DAM accueille toutes les photos : Venez comme vous êtes* !

Les entreprises disposent aujourd’hui de plateformes médias pour organiser, sécuriser et diffuser les contenus médias officiels. Il s’agit des outils de  Digital Asset Management.

La bonne démarche consiste certainement à faire évoluer ces plateformes pour adresser ces nouveaux contenus. Plutôt que de multiplier et complexifier les process en proposant un nouvel outil, il est plus rationnel de s’appuyer sur une solution existante, dont la promesse est la gestion des photos dans l’ensemble de leur chaîne de production jusqu’à leur diffusion.

Il s’agit d’ouvrir le DAM, souvent accessible uniquement aux services Marketing et Communication, à l’ensemble des collaborateurs.

Cela nécessite de revisiter les processus d’alimentation et notamment les workflows top/down classiques (le service Communication met à disposition une sélection d’images). Tout simplement parce qu’elles proviennent des utilisateurs ou des collaborateurs – donc du bas; il s’agit de mettre en place des outils et process qui permettent un dépôt facile et en masse des photos sur la plateforme.

Pour convaincre ces utilisateurs, un outil simple est indispensable. Il doit tenir compte de la grande diversité d’utilisateurs, certains sont des experts, certains sont débutants. Il doit également être accessible partout – y compris via une app mobile pour intégrer les usages spontanés via smartphone et tablettes.

Au delà des aspects techniques, il faut certainement s’engager dans une sensibilisation sur les usages, les risques et les bonnes pratiques. Si la majorité de ces contenus moches va rester au sein de l’écosystème qui l’a produit et ne sera pas diffusée à l’extérieur de l’entreprise, leur exploitation implique des règles de gouvernance clairement définies.

Pour une réutilisation des photos en tant que contenu de comm’ externe (par exemple, la publication de photos de points de vente, prises par des franchisés), les process de contrôle doivent d’autant mieux être verrouillés qu’il en va de l’image de l’entreprise. Dans Keepeek, cela est possible grâce à l’utilisation de workflows de validation et la gestion fine des statuts des médias.

 

Le moche est-il le nouveau beau ?

S’il nous semble indispensable, chez Keepeek, de considérer avec attention votre usage des photos moches dans votre activité et de les intégrer dans vos problématiques métier, il reste encore des points à éclairer.

Cette problématique récente, accélérée par la mobilité des outils et habitudes de travail, n’a pas encore trouvé toutes ses réponses. Le partage de bonnes pratiques nous semble ici essentiel pour progresser.  

Chez Keepeek, par exemple, nous travaillons en Agile et sommes adeptes du management visuel, du maquettage sur papier et du mindmapping. Les photos moches – voire, très moches, font donc partie de notre quotidien : photos des schémas dessinés sur nos paperboards en complément de comptes-rendus de réunions.

Nous enregistrons les vidéos les démos de nouvelles fonctionnalités faites en interne, à disposition de tous les collaborateurs.

Pour créer des billets d’experts, nous commençons par un premier enregistrement vidéo ou les consultants discutent librement. La vidéo sert ensuite de référence pour les rédacteurs et des relecteurs.

Les contenus médias du quotidien nous font gagner en temps et en précision.

Et vous, comment utilisez-vous vos photos moches ?

 

Crédit photo de titre: fiona_adam at Morguefile.com

*Marque de McDonald’s International Property Company, Ltd.